Lu en Juillet 2006

lefanu_carmilla

"Dans un château de la lointaine Styrie, au début du XIXème siècle, vit une jeune fille solitaire et maladive.

Lorsque surgit d'un attelage accidenté près du vieux pont gothique la silhouette ravissante de Carmilla, une vie nouvelle commence pour l'héroïne.
Une étrange maladie se répand dans la région, tandis qu'une inquiétante torpeur s'empare de celle qui bientôt ne peut plus résister à la séduction de Carmilla...
Un amour ineffable grandit entre les deux jeunes créatures, la prédatrice et sa proie, associées à tout jamais "par la plus bizarre maladie qui eût affligé un être humain"."

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    Carmilla est le des textes fondateur de la littérature vampirique. Également l'un des plus beau à mon avis. Ecrit par le très chers Sheridan Le Fanu en 1871, il est également le prédécesseur du célèbre Dracula de Bram Stoker publié 26 ans plus tard, en 1897. Bien que moins connu que son cadet, Carmilla n'en demeure pas moins excellent. Le fanu va nous entraîner ici dans les méandres de la sensualité et du mystère. L’intrigue se déroulera entre deux personnages principaux, Laura et Carmilla, au début du XIXe siècle, en Styrie autrichienne.

    Laura est une jeune fille timide et innocente vivant recluse avec son père dans un château éloigné de tout. Son quotidien est plutôt morose et ennuyeux jusqu’au jour ou un attelage transportant la belle Carmilla et son entourage s’accidente devant sa demeure. Blessée, la jeune étrangère se voit confiée aux soins généreux de Laura et son père. La relation entre les deux jeunes filles va vite devenir ambiguë et se transformer en un amour saphique et mortifère. Petite précision sur le fait que à l’époque ce genre de relation n’était pas exposé aux yeux du public. C’est donc avec une grande ingéniosité que Le Fanu nous conte cette merveilleuse et dramatique histoire. Enfin reprenons l’intrigue. Depuis l’arrivée de Carmilla, un mal semble se rependre dans la contrée. De nombreuses jeunes filles décèdent suite à d’étranges symptômes de mélancolie et de léthargie extrême. La personnalité de Carmilla semble empreinte de ces symptômes mais le mal ne semble pas la ronger à mort. De plus son comportement est bien étrange et intrigue Laura. Cette dernière fini par contracter la mystérieuse maladie…

    Je n’en dis pas plus, à part que le Fanu est vraiment un écrivain génial. Cette Irlandais et sa plume subtile nous transporte jusqu’à la dernière ligne. C’est un des premiers auteurs à mettre en scène une liaison homosexuelle féminine et à en suggérer les ébats érotiques. La liaison entre Laura et Carmilla est belle et sulfureuse.

    Ce livre est vraiment magnifique ! A lire, vraiment… Bouillonnement d’hémoglobine assuré !
Je ne me lasse personnellement pas de le lire et relire!

Extrait « description de Carmilla » :
« Elle était d'une taille au-dessus de la moyenne, mince et étonnamment gracieuse. A l'exception de l'extrême langueur de ses gestes, rien dans son aspect ne révélait qu'elle fût malade. Elle avait un teint éclatant et coloré, des traits menus parfaitement modelés, de grands yeux noirs au vif éclat. Sa chevelure était magnifique. Jamais je n'ai vu des cheveux aussi épais, aussi longs que les siens, lorsqu'ils retombaient librement sur ses épaules. Je les ai bien souvent soulevés dans mes mains, et me suis émerveillée en riant de les trouver si lourds. Prodigieusement fins et soyeux, ils étaient d'un brun très sombre, très chaud, avec des reflets d'or. Quand elle était étendue sur sa chaise longue, dans sa chambre, me parlant de sa voix douce et basse, j'aimais les dénouer et les laisser tomber de tout leur poids, pour ensuite les enrouler autour de mes doigts, les natter, les étaler, jouer avec eux. Ciel ! Si j'avais su alors tout ce que je sais maintenant ! »

Avis écrit le 12 Juillet 2007 sur Mental Fluids