Dreamworld_Preview

   Sire Cédric nous offre en ce début d’hiver 2007 sa troisième publication aux éditions Nuit D’Avril.

   Dreamworld est un recueil de nouvelles envoûtantes et extrêmement poétiques. Chacune d’elles nous effleurent avec un raffinement des plus réussi et nous procurent des vagues successives de frissons. Une grande poésie pour une plume des plus pénétrantes.

   Nous retrouvons dans ces pages l’écriture attractive des écrits précédents de Sire Cédric. C’est-à-dire un style imagé qui laisse place à l’imaginaire du lecteur tout en lui incisant sa précision. Cependant une certaine évolution est remarquable dans la plume de Sire Cédric. Les mots semblent avoir subit un crescendo dans leur sens et leur pertinence. Ils ne sont plus seulement graphiques et sublimes mais également spirituels. La dimension hypnotique et imagée devient initiatique et pousse notre réflexion bien plus loin. Du moins encore plus qu’auparavant…

   Dreamworld est une antre onirique où il fait bon de se perdre. Une lueur dans un monde rendu méconnaissable par une réalité bien trop oppressante. Une véritable carte salvatrice nous menant dans le rêve, loin de toutes absurdités néfastes. Une fuite désespérée face à la souffrance. Une source émotionnelle violente d’espérance.

   Ici, des enfants n’hésitent pas à franchir les limites de la réalité afin de sauver l’âme d’un compagnon aimé. Les cauchemars les plus effroyables prennent consistances et sont absorbés par des êtres aux stigmates étranges. L’ange sans nom des suicidés se fait détrôner sensuellement par une jeune créature aux charmes inégalables sous les notes du sonate lunaire de Beethoven. Un poète fusionne sublimement avec sa muse. Une ville spectrale surgit dans les couleurs de l’arc en ciel afin d’effleurer l’humanité. Un jeune désespéré sombre dans un onirisme total. Deux âmes jumelles et pures sont victimes de l’ignorance de ceux qui ont fuit le rêve. Une femme poursuit son rêve jusqu’à la fusion.

   Un recueil des plus troublant qui n’a de cesse de nous rappeler que pour faire éclater la névrose il suffit parfois de s’ouvrir et d’aller plus loin que ce que la réalité nous impose sans relâche. « Car on dit aussi que la magie existe tant qu’on croit en elle. Et surtout, qu’il n’est jamais trop tard pour la faire renaître… »

Article du 20 Mars 2008 écrit sur Mental Fluids